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La perte : une bonne chose ou une cause perdue ?

 

Objectif : Nourrir tes réflexions philosophiques sur la perte avec l’aide de ta famille durant le repas du midi !

Durée : 30 à 75 minutes

Matériel

  • Feuilles de papier et stylo

  • Crayons de couleur et crayons feutres

  • Ta famille

Instructions

Il est le temps de manger ! Rassemble ta famille autour de la table pour un dialogue mémorable sur la perte. Explorez les questions suivantes, en vous appuyant sur les pistes de pensée au besoin. Ensemble, pensez à des raisons pour expliquer vos points de vue et essayez de construire une réponse en alliant vos idées ! Mais ne vous inquiétez pas si l'envie de continuer à parler ne s'apaise pas... les pique-niques philosophiques sont bel et bien des quêtes sans faim !

...

  • Question 1 : La perte est-elle nécessairement une mauvaise chose ?

    • Pistes de pensée : Avez-vous déjà entendu cette expression : « On n'apprécie vraiment ce qu'on avait que lorsqu'on l'a perdu ». Que pensez-vous que cela signifie ? En tant que concept, la perte semble souvent se retrouver à l’antipode de nombreuses choses que l’on apprécie : si on ne gagne pas, on perd ; si on n’est pas sur la bonne voie, on est perdu ; si on n’est pas organisé, on perd la trace de nos choses ; si on n’est pas sain d'esprit, on perd la tête ! Mais la perte est-elle toujours une chose si négative ? En famille, essayez de penser à certaines situations où la perte, perdre ou être perdu peut être souhaitable, voire bénéfique. Que diriez-vous de vous perdre dans un projet fascinant ou de vous perdre dans les yeux de la personne que vous aimez ? Certaines pertes sont-elles pires que d'autres ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Quels pourraient être certains critères qui marquent la différence entre les bons types de pertes et les mauvais ? Retourne voir la définition de la perte que tu as donnée lors de la première mission de l’Étirement des idées et partage-la avec ta famille : comment pourriez-vous l'affiner à la lumière de vos nouvelles idées ?

  • Question 2 : Est-ce possible de vivre sans perte ?

    • Pistes de pensée : En tant qu'êtres humains, on semble assez fasciné par l'idée d’une vie éternelle — il n’y a qu’à voir les tonnes de livres, de films, de chansons et d’œuvres d'art qui s’intéressent à ce sujet ! Mais peut-on vraiment avoir une vie… sans la perdre ? La mort est-elle inévitable ? Si oui, cela signifie-t-il que toutes les formes de perte doivent se produire également ? Ensemble, pensez aux différents types de perte que l’on peut vivre en tant qu'êtres humains : de la perte d'une maison, d'un emploi, d'une capacité physique ou d'une relation, à la perte de liberté, d'espoir et même d'identité. Ces pertes sont-elles nécessaires à la vie ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Essayez de classer ces pertes sous deux catégories, « nécessaire » et « pas nécessaire », en donnant des raisons pour expliquer vos choix. Peut-on éviter certaines de ces pertes et, si oui, devrait-on tenter de les empêcher ? Hmm… peut-être que tout cela dépend de si la perte est vécue de la même manière par tout le monde…

  • Question 3 : Peut-on comprendre la perte d’une autre personne ?

    • Pistes de pensée : La perte semble provoquer toutes sortes d'expériences émotionnelles, allant de légers sentiments de confusion et d'agacement à une inquiétude très intense et à une profonde tristesse. Mais si tout le monde a déjà subi une perte, à un moment donné dans sa vie, cela signifie-t-il que l’on sait à quoi ressemble tous les types de perte ? Pouvons-nous comprendre les pertes subies par d’autres personnes ? Si oui, qu'est-ce qui nous aide à comprendre ? Si non, qu'est-ce qui manque dans notre propre expérience et nous empêche de vraiment comprendre ce que les autres vivent ? En famille, essayez de déterminer quelles mesures peuvent être prises pour comprendre l'expérience de la perte chez les autres. Ces mesures changent-elles si la personne est… plus âgée ? ...plus jeune ? ...d'une autre culture ? ...d'une autre espèce ? Que signifie comprendre dans ces différents cas ? Pour vous aider dans votre remue-méninges, vous pouvez partager des exemples de moments où vous vous êtes senti.e.s vraiment compris.es après avoir vécu une perte. Si l’on n’a pas vécu les mêmes pertes que les autres, cela signifie-t-il qu'on ne peut pas comprendre leurs pensées et leurs sentiments ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Essayez de compléter la phrase : Si la perte n'existait pas, alors _________.

    ...

Bonus : Si ta famille se sent toujours d’humeur bavarde, essayez un jeu bien spécial pour mieux vous connaître : « Jamais au grand jamais ». À tour de rôle, partagez des scénarios inventés que vous ne tenteriez jamais personnellement de peur de perdre quelque chose d'important, en utilisant la phrase « Je ne ferai jamais ____________». Par exemple, peut-être que vous ne tiendrez jamais une tarentule de peur que la terreur vous fasse perdre la tête, ou ne parlerez jamais en public de peur de perdre votre statut si vous vous ridiculisez, ou ne marcherez jamais au bord d'une falaise de peur de perdre l'équilibre et de trébucher ! À chaque tour, réfléchissez au scénario et levez un doigt si vous vous pourriez le faire, en fournissant une raison pour expliquer votre choix. Continuez jusqu'à ce que tout le monde ait partagé au moins un scénario, puis voyez qui a le plus de doigts tendus. Cette personne est-elle la moins peureuse… ou la plus susceptible de subir une perte ? Pourquoi ? Souhaitez-vous avoir moins de doigts tendus ou plus ? Devrait-on prendre des risques, même si cela signifie que nous pourrions subir une perte ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

 

Trucs pour tout-petits : Vous connaissez sûrement ces boîtes à l'école où sont gardés les objets perdus ? Si on a égaré une balle ou une mitaine, une trousse ou une bouteille d'eau, c’est là que l’on pourra certainement la retrouver, si quelqu'un d'autre est tombé dessus ! Mais… que se passerait-il s'il était possible d'avoir une boîte d’objets perdus dans sa tête ? Avez-vous déjà perdu un souvenir, un sentiment ou une idée… et souhaité pouvoir le récupérer d'une manière ou d'une autre ? Si oui, pourquoi était-il si important pour vous ? Comment votre vie serait-elle meilleure si vous le retrouviez ? Et comment pourriez-vous vous entraider à le localiser dans votre tête ?
Adaptation pour ados : Alors que vous préparez le repas ou que vous digérez votre festin de mets délicats et d’idées savoureuses, écoutez l’émission de la baladodiffusion Les jeunes sages portant sur la discrimination. En vous inspirant des réflexions des jeunes philosophes, tentez vous aussi de répondre à la question : Est-ce dangereux d’être différent.e ? Êtes-vous en accord ou en désaccord avec les réponses avancées par les participant.e.s ? Pouvez-vous penser à des pistes de réflexions qu'ils.elles n’ont pas abordées ? Peut-être pourriez-vous vous interroger sur le lien entre la perte et la discrimination… Qu'est-ce qui est perdu à cause de la discrimination ? La peur de la différence peut-elle être justifiée ? À quoi ressemblerait le monde si on perdait la capacité d'être différent.e ? La discrimination existerait-elle toujours ?

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