Passer au contenu

/ Institut Philosophie Citoyenneté Jeunesse

Je donne

Rechercher

Nuisibles nouvelles

  

ObjectifFaire briller tes points de vue sur l'information en présentant un bulletin télévisé de fausses nouvelles !

Durée : 30 à 60 minutes

Matériel

  • Feuilles de papier, cartons
  • Crayons de couleur, crayons feutres, gomme à effacer
  • Accessoires, au besoin

Instructions :

  1. Prépare tes fausses nouvelles. Dans cette activité, ta mission sera de présenter un bulletin télévisé de fausses nouvelles à ton public. Pour cela, il faut que tu inventes un minimum de trois fausses nouvelles. Pour trouver un équilibre entre faire rire et faire réfléchir ton public, tu peux choisir de présenter certaines nouvelles plausibles, c’est-à-dire qui pourraient presque être vraies, et certaines nouvelles ridicules, dont on saura immédiatement qu’elles ne sont pas vraies. Tu peux alterner entre des nouvelles positives ou négatives. Il pourrait aussi être intéressant de choisir des nouvelles ambigües, auxquelles les téléspectateur.trice.s doivent réfléchir. Pour t’aider à avoir des idées, pense aux différents contextes dont parlent généralement les bulletins de nouvelles (politique, santé, éducation, environnement, loisirs, etc.). Écris chacune de tes idées sur une feuille de papier. Cela te servira d'aide-mémoire quand tu présenteras les nouvelles.

    • InspirationVoici quelques exemples de fausses nouvelles pour t’inspirer : les panneaux lunaires, une technologie prometteuse mais potentiellement dangereuse, vient d’être inventés au Viet-Nam ; un enfant de 2 ans a battu le record du monde du cube Rubik au Paraguay... pendant qu’il apprenait à nager ! ; un accord a été trouvé entre la Syrie et l’Irak pour partager équitablement l’eau de la rivière Euphrate ; une école canadienne se transforme en collaborative autogérée par les enfants.
    • Variation : Si tu veux jouer un tour à ton public, insère une vraie nouvelle (que tu pourras trouver sur le site d’un journal) parmi tes fausses nouvelles. À la fin de l’émission, demande au public quelle est selon eux.elles la vraie nouvelle de ton bulletin !

  2. Prépare le plateau de ton émission. Il va maintenant falloir recréer l’ambiance d’un vrai bulletin télévisé. Pour avoir l’air le.la plus professionnel.le possible, prépare-toi un costume en utilisant tes vêtements, ceux de tes parents (en leur demandant la permission), ou même en te fabriquant une cravate ou un autre accessoire sophistiqué avec du papier ou du carton. L’espace d’un plateau de télévision est souvent sobre : une table avec un tabouret, face à la caméra, ou, dans ton cas, au public. Tu peux aussi dessiner le logo de ton émission imaginaire et l’afficher derrière toi pendant que tu présentes les nouvelles. Enfin, beaucoup d’animateur.trice.s de télévision ont une phrase fétiche, qu’ils.elles répètent au début ou à la fin de chacune de leurs émissions. Invente la tienne !
  3. Présente ton émission. Quand tout est prêt pour l’émission, invite tes proches à s'installer pour visionner ton bulletin de fausses nouvelles.
  4. Réfléchis aux fausses nouvelles. Est-ce que c’était facile ou difficile de présenter un bulletin télévisé de fausses nouvelles ? Avec les membres de ton public, réfléchissez ensemble aux questions suivantes : comment peut-on savoir si une nouvelle est vraie ou fausse ? Est-il préférable de faire confiance aux expert.e.s ou devrait-on tout vérifier soi-même ? Mais, peut-être faudrait-il se demander ce qu'est un.e expert.e... Peut-il être dangereux d’être trop crédule, c’est-à-dire de croire les choses très facilement ? Et qu’en est-il d’être trop sceptique, c’est-à-dire de croire les choses très difficilement ? Hmm... au fond, qu'est-ce qu'une bonne information ?

...

Bonus : Si vous êtes toujours d’humeur inventive, voici un autre mission à relever : avec ta famille, improvisez un jeu télévisé intitulé La nuit de la nouveauté. Le principe est simple : des questions de culture générale sont posées aux candidat.e.s, mais quand ceux.celles-ci répondent, la réponse a déjà changé ! Cela peut-être parce qu’une découverte scientifique récente a changé la réponse à une question bien connue (on a par exemple récemment découvert qu’il y avait de l’eau sur Mars ou que les dinosaures avaient, pour la plupart, des plumes), ou bien parce que la réponse est forcément changeante (par exemple, la réponse à la question « Quelle heure est-il, à la seconde près ? » évolue en permanence). Pour finir, réfléchissez aux questions suivantes : faudrait-il souvent vérifier que nos connaissances sont encore « à jour » ? Est-il nécessaire d’être au courant des dernières nouvelles ? Toutes nos connaissances sont-elles seulement provisoires ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

Trucs pour tout-petits : Si tu préfères, au lieu de présenter plusieurs fausses nouvelles, tu peux devenir un.e journaliste réalisant un entretien en direct à la télévision avec les membres de ta famille qui joueront les invité.e.s. Mais attention, quand ils.elles répondent à tes questions, tes invité.e.s doivent mentir ! Ces mensonges peuvent être mal intentionnés, par exemple en imaginant qu’un.e invité.e est une personne importante qui a fait une grosse bêtise comme voler de l’argent ou laisser du pétrole couler dans la mer. Mais ces mensonges peuvent aussi être bien intentionnés, par exemple en imaginant qu’un.e autre invité.e est un.e scientifique qui ment sur l’endroit où se trouve un rhinocéros de Java pour protéger ce dernier de l’extinction. Ces mensonges peuvent même être ambigus, c’est-à-dire que leur impact n’est pas clair : un.e scientifique qui mentirait sur le danger d’un virus pour ne pas inquiéter les gens, par exemple. En tant que journaliste d’investigation, n’hésite pas à poser plus de questions aux invité.e.s pour les forcer à inventer plus de détails… ou même à admettre leur mensonge. Quand vous avez terminé les entretiens, réfléchissez ensemble aux questions suivantes : est-ce que le mensonge est toujours une mauvaise chose ? Est-ce que c’est parfois préférable de ne pas savoir quelque chose, plutôt que de le savoir ? Est-ce que certaines personnes ont plus le droit de mentir que d’autres ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

Adaptation pour adosDans un livre influent, le philosophe Harry Frankfurt a affirmé que « le baratin » était plus dangereux que le mensonge. Il a défini le baratin comme une communication visant à persuader sans se soucier des faits ou de la vérité : par exemple, un.e dirigeant.e politique affirmant qu’un médicament est efficace sans rien en savoir, pour avoir l’air de maîtriser la situation ou d’être compétent.e. Un.e menteur.se, en revanche, doit se préoccuper de la vérité et des faits : quelqu’un qui ment pour nous faire croire qu’un médicament est efficace doit par exemple savoir qu’il ne l’est pas réellement et s’assurer de donner à son mensonge l’apparence de la vérité (par exemple en fabriquant des fausses preuves). Le mensonge ne remet donc pas en cause l’importance de la vérité : il cherche simplement à se faire passer pour elle. Par conséquent, aussitôt qu’on arrive à montrer la fausseté du mensonge (par exemple en faisant plus de tests), le mensonge perd son pouvoir de persuasion. Le danger du baratin c’est qu’il rend la vérité non pertinente : même si on arrive à montrer que le baratin est faux, il peut continuer à exercer son effet, puisqu’il n’est pas nécessairement lié à la vérité (les gens peuvent ainsi continuer à faire confiance au.à la dirigeant.e de l’exemple précédent). De plus, si le baratin est très répandu dans une société, comme c’est le cas dans la nôtre selon Frankfurt, ses membres peuvent perdre de vue l’importance de la vérité en général, ce que le philosophe considère comme un grand danger. Et toi, qu’en penses-tu ? Dire n’importe quoi est-il plus grave que de mentir ? Quelqu’un qui ne dit pas la vérité peut-il tout de même être digne de confiance ? Avons-nous vraiment besoin de la vérité ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

Partage ta réflexion créative en l'envoyant par courriel
Inclus des photos de tes projets et des notes de tes réflexions, ainsi que ton prénom et ton âge !