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Les instantanés de l'impermanence

 

Objectif Partager tes réflexions créatives sur l’impermanence avec d’autres Philoquêteur.e.s en saisissant des moments de changement à l’aide d’instantanés photographiques !

Durée : 15 à 45 minutes

Matériel :

  • Feuilles de papier
  • Crayons, crayons feutres, gomme à effacer
  • Un appareil pour prendre des photos
  • Pour le bonus : une pomme de terre, un couteau de cuisine, de la peinture

Instructions

Tout est tout le temps en train de changer, rien n’est jamais permanent. Voilà l’idée de l’impermanence, dont on peut retrouver les traces dans la philosophie de la Grèce antique comme dans le Bouddhisme. Pour mieux comprendre cette idée, ta mission dans cette activité sera de saisir des choses en train de changer à l’aide d’instantanés — des photographies prises sur le vif !

...

  1. Décide où photographier. Même si les instantanés sont des clichés spontanés, commence par réfléchir à l’endroit où tu voudrais prendre des photos. Ta mission sera de saisir des choses en plein changement, alors demande-toi où tu as le plus de chance de voir quelque chose en train de changer. Cela peut être chez toi, bien sûr, mais aussi dans un parc, dans une rue, ou même à l’école.
  2. Photographie des instantanés. Après avoir choisi ton lieu, balade-toi avec ton appareil photo à la main. Ouvre l’oeil pour repérer ce qui est en train de changer. Ce changement peut être rapide, comme un ballon qui explose, mais il peut aussi être lent, comme une nouvelle feuille qui pousse sur une branche. N’hésite pas à prendre des dizaines de photos ! Sache seulement que si tu prends des photos d’une personne, tu as d’abord besoin de sa permission.

    • Variation : Si tu n’as pas d’appareil avec lequel prendre des photos, tu peux aussi dessiner un instantané de quelque chose en train de changer, comme l’ont fait les artistes pendant des millénaires, avant l’invention de la photographie !

  3. Choisis tes meilleurs instantanés. L’heure est venue de faire le tri ! La plupart des photographes prennent beaucoup plus de photos qu’ils.elles n’en ont besoin : cela leur donne la possibilité de choisir les meilleurs clichés. Dans ton cas, sélectionne au moins trois de tes instantanés qui saisissent le mieux le changement en train de se produire.
  4. Réfléchis à l’impermanence. Réfléchis maintenant à ces quelques questions : tout est-il vraiment en train de changer à tout moment ? Ce qui est fugitif, c’est-à-dire ce qui change rapidement, a-t-il une plus grande valeur que ce qui est durable, c’est-à-dire qui change lentement voire pas du tout ? Une photographie réussit-elle véritablement à rendre permanent quelque chose de changeant ? Écris tes idées sur une feuille puis prends une photo et envoie-la avec tes trois meilleurs instantanés, ton prénom et ton âge à ipcj@philo.umontreal.ca pour que nous puissions partager ta position avec les autres Philoquêteur.e.s !

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Bonus Une autre manière de lutter contre l’impermanence est de laisser sa marque. Prise au figuré, cette expression signifie réaliser quelque chose d’important, qui restera dans les mémoires ou dans l’histoire après notre mort. Mais si on prenait l’expression au pied de la lettre ? Pour véritablement laisser ta marque, fabrique un tampon encreur (une étampe) avec… une pomme de terre ! En faisant bien attention ou en demandant l'aide d'un.e adulte, coupe une pomme de terre en deux, dessine la forme que tu désires au feutre sur une des moitiés, puis coupe tout autour avec un couteau pour que la forme ressorte en relief. Trempe la forme dans un peu de peinture (ou colorie-la au feutre) et le tour est joué ! Tu as un tampon que tu peux appliquer sur une feuille pour laisser ta marque ! Enfin, réfléchis aux questions suivantes : faut-il avoir réalisé quelque chose d’extraordinaire pour que notre vie ait valu la peine d’être vécue ? Est-ce important qu’on se souvienne de nous après notre mort ? Peut-il être dangereux de vouloir laisser sa marque ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

 

Trucs pour tout-petitsEst-ce que tu as déjà joué au jeu « 1, 2, 3, soleil » ? On doit avancer le plus vite possible pendant qu’une personne le dos tourné compte « 1, 2, 3, soleil », puis se figer au moment où la personne dit « soleil » et se retourne. Si elle nous voit bouger, on a perdu et on doit retourner à la case départ. Pour mieux comprendre le concept d’impermanence, tu peux jouer à une variante de ce jeu ! Pendant que la personne compte « 1, 2, 3, impermanence », tu dois changer le plus vite possible (par exemple en mettant de nouveaux vêtements, en faisant une grimace, en te déplaçant), puis dès que la personne finit de dire « impermanence » et se retourne, tu dois immédiatement arrêter de changer ! Mais… est-ce même possible d’arrêter de changer ? Est-ce que tu peux par exemple empêcher tes ongles et tes cheveux de pousser ou arrêter de grandir ? Est-ce qu’on choisit de changer ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Peut-être qu’on peut seulement contrôler comment on change mais pas si on change...
Adaptation pour adosSelon le Bouddha, l’impermanence est un aspect indéniable de la réalité : tout ce qui existe est toujours en train de changer et est inéluctablement voué à disparaître un jour. L’ignorance de cette vérité fondamentale est, selon lui, la cause principale de la souffrance humaine. En effet, une personne qui n’est pas consciente de l'impermanence de toute chose aura tendance à s’attacher à des choses qu’elle croit permanentes, comme sa jeunesse, sa santé, ses relations aux autres ou même son identité. Mais puisque ces choses changent, cette personne finira forcément par souffrir en constatant que les choses auxquelles elle était attachée n’existent plus de la même façon, ou plus du tout. Sauf qu’au lieu d’apprendre de cette souffrance, la personne aura tendance à s’attacher à de nouvelles choses, nécessairement impermanentes elles aussi. D'après le Bouddha, ce cycle d’attachement et de souffrance lié à l’ignorance de l’impermanence caractérise la vie de la majorité des êtres humains. La voie du Bouddhisme est donc une tentative d’échapper à ce cycle. Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu crois que c’est une erreur de s’attacher aux gens et aux choses ? Devrait-on tout faire pour échapper à la souffrance ? Serait-on plus heureux.ses si on acceptait que rien n’est permanent ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

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Inclus des photos de tes projets et des notes de tes réflexions, ainsi que ton prénom et ton âge !