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L’esprit résilient

Être en mesure de faire face courageusement aux défis, incertitudes et obstacles rencontrés en adoptant une attitude persévérante et volontaire.

 

DÉFINITION ET CRITÈRES PRINCIPAUX

L’esprit résilient présuppose une aptitude à résister à la frustration et à l’inconfort, voire à les apprécier quand ils sont au service d’une tâche importante. Il présuppose aussi la capacité de surmonter les obstacles et de persévérer, en continuant à croire en ses capacités. Du point de vue de l’IPCJ, un.e citoyen.ne responsable qui possède un esprit résilient peut : 

  • Accepter ses erreurs, en rebondissant après un échec, en restant conscient.e de ses émotions négatives, en comprenant la valeur du doute et en l’utilisant à son avantage, en identifiant les compétences et les ressources nécessaires pour réussir, etc.

  • Faire face aux défis en osant s’attaquer à des projets difficiles, en n’abandonnant pas devant l’adversité, en étant fier.fière de trouver des solutions, en cherchant à maîtriser des compétences difficile, en se fixant des objectifs personnels, en privilégiant l’effort plutôt que la réussite, etc.

  • Percevoir les autres comme des modèles, en imitant les bonnes pratiques, en acceptant les évaluations des autres,  en mettant en application les conseils de ses mentors, en évitant les comparaisons injustes et désobligeantes entre soi et les autres, en internalisant des devises inspirantes, etc.

 

RECHERCHES ET RETOMBÉES

Plusieurs approches guident la conception de l’esprit résilient promue par l’IPCJ : l’auto-efficacité (Bandura), le cran (Duckworth), la persistance personnelle (Chandler) et l’état d’esprit de croissance (Dweck).

  • L’auto-efficacité : Selon le psychologue Albert Bandura, l’auto-efficacité « a à voir avec la croyance des gens dans leurs capacités à pouvoir contrôler leur propre fonctionnement ainsi que les événements qui affectent leurs vies ». Elle influence ainsi leurs expériences cognitives, affectives et conatives – leurs pensées, sentiments et motivations (1982). Confrontés à une activité qui sort de leur zone de confort, les jeunes auto-efficaces savourent le défi que cela représente : ils sont en effet convaincus que leurs efforts et leur prise de risques avisée amèneront des résultats constructifs, même s’ils finissent par échouer et par devoir recommencer. L’auto-efficacité aide les jeunes à prendre conscience des qualités et des situations qui leur offrent le plus de chances de réussir et de tirer des enseignements importants, ainsi que de ressentir un sentiment d’accomplissement personnel qui contribue à renforcer leurs perspectives d’avenir.

  • Le cran : Selon la définition de la psychologue Angela Duckworth, le cran (« grit ») est un trait de personnalité qui conjugue la persévérance et la passion. Les jeunes possédant un niveau élevé de cran sont capables de progresser vers leur objectif pendant des mois, voire des années, sans abandonner, malgré les obstacles et les échecs (Duckworth, Peterson, Matthews & Kelly, 2007). Des recherches récentes suggèrent que les environnements éducatifs qui promeuvent un apprentissage orienté vers la maîtrise de nouvelles connaissances et compétences (plutôt que vers la performance) aident les jeunes à développer leur cran (Park, Yu, Baelen, Tsukayama, & Duckworth, 2018).

  • La persistance personnelle : La persistance personnelle et culturelle a été étudiée par Michael Chandler, notamment auprès des jeunes autochtones du Canada. Au niveau personnel, la persistance consiste avant tout à réussir à développer un soi, une identité, qui demeure cohérente, reconnaissable et évolutive. Ses travaux ont ainsi montré que les jeunes autochtones capables de percevoir une forte continuité entre leur identité passée, présente et future avaient une probabilité moindre de commettre une tentative de suicide que ceux qui ne parvenaient pas à établir une cohérence suffisamment forte de leur identité à travers le temps (Chandler, Lalonde, Sokol, Hallett & Marcia, 2003).

  • L’état d’esprit de croissance : Les travaux de la psychologue Carol Dweck ont montré que les jeunes avaient tendance à adopter soit un état d’esprit fixe, soit un état d’esprit de croissance : le premier désigne une croyance en l’immuabilité de caractéristiques comme l’intelligence ou le talent et une attribution de la réussite à ces dernières, alors que le second se réfère à une attitude volontaire, basée sur la croyance que l’on peut développer son intelligence et ses talents, et que c’est principalement le degré d’effort fourni qui détermine la réussite (2008). Les jeunes avec un état d’esprit de croissance s’adaptent mieux à des transitions scolaires éprouvantes, réussissent mieux des cours difficiles, surmontent de façon plus saine les situations de conflit et d’exclusion sociale, et sont également plus heureux, moins stressés et plus efficaces (Yeager & Dweck, 2012 ; Yeager, Trzesniewski & Dweck, 2013). Les enseignants peuvent aider les jeunes à adopter un état d’esprit de croissance, par exemple en complimentant le processus d’apprentissage plutôt que les aptitudes des jeunes, ou en ayant des attentes élevées et réalistes qui poussent les jeunes à se dépasser (Yeager & Dweck, 2012).

Voir les références.